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Saison 2005-2006
Conférence-débats
La Prière franciscaine
au Centre d'Etudes du Saulchoir (Paris, Mo Glacière), 28 janvier 2006, 10h-12h 15.
Argument
S'attarder avec Dieu ! Alors que parfois nous ne savons pas si c¹est Dieu et même qui nous accompagne ainsi dans nos espérances naufragées, qui se présente ainsi dans notre retour progressif au réalisme de la terre. C¹est l¹expérience même de la prière dans l¹esprit évangélique, après l¹événement encore ignoré de la résurrection. Nous jouissons de la vie irrévocable, mais nous avons besoin de nous attarder avec Dieu pour la reconnaître, lui demander de passer encore un peu de temps avec nous. La prière franciscaine est sans doute une énergique prière de louange pour saborder l¹envie vénéneuse, mais elle n¹est cela qu¹après avoir réhabilité d¹une manière incomparable et même violente, la prière de demande. C¹est au c¦ur de la demande qu¹il sera donné de goûter Dieu et ses créatures bigarrées. Nous attacherons ainsi une importance particulière au Cantique des créatures de François d¹Assise.
Bibliographie sommaire : La prière de demande, Evangile Aujourd¹hui, Paris, n° 49 (1966-1). Eloi Leclerc, Le Cantique des créatures ou les symboles de l¹Union, Paris, DDB, 1991, 256 pp.
Facultés Jésuites de Paris (Centre Sèvres)
Cours de Bernard Forthomme
Penser la guérison : 8 novembre 2005 au 17 janvier 2006, 19h 30-21h 30.
Présentation courte
Nous envisagerons successivement la question de la redécouverte théologique de la guérison des corps, l'alliance thérapeutique, le devoir de guérison, la formation du désir de guérir, l'importance des intercesseurs, des lieux, des moments favorables et des métaphores médicales. Puis nous aborderons la nouveauté de l'expérience, avant d'examiner la prévention (régimes de santé), la cure sacramentale, l'articulation narrative, et la nécessité de guérir la guérison.
Présentation longue
Nous envisagerons successivement la question de la redécouverte théologique de la guérison des corps, l'alliance thérapeutique, le devoir plus que la puissance de guérison, la formation du désir de guérir, l'importance des intercesseurs (prophètes, Moïse, Elisée, Raphaël, Jésus, les saints), des lieux, des moments favorables et des métaphores médicales.
L'expérience de la guérison n'est pas celle de la restitutio ad integrum, mais du premier jour de la création nouvelle. Même s'il y a toujours des cicatrices immunitaires ou psychiques.
Nous aborderons ensuite la question de la prévention ou des régimes de santé, l'articulation narrative ou la mise en scène dramatique des maladies et des guérisons, avant d'approcher la cure sacramentelle et sacramentale (exorcisme).
Nous interrogerons enfin les discours médicaux partagés entre le modèle de la diététique préventive ou le modèle technique, comme le fondement théologique rationnel de la médecine hippocratique, critique de la tragédie.
Nous terminerons sur l'urgence de guérir la guérison, pour reprendre une formule augustinienne.
Facultés Jésuites de Paris (Centre Sèvres)
Séminaire de Bernard Forthomme
Penser la Charité : Séminaire 15 février-24 mai 2006, de 16 h 45 à 19 h 15.
Présentation courte
Sept points seront au centre de ce séminaire consacré à penser les rapports de la charité avec l'amitié, la volonté, l'amour de soi, le corps, l'ennemi, la joie interne (ou la haine, l'acédie et l'envie) ou la joie extime (la miséricorde hospitalière), et le pur amour. Ce qui suit le schéma médiéval, mais à dessein d'en mesurer aujourd'hui le degré de pertinence, surtout aux époques où l'on use et abuse de la référence à la charité pour se faire entendre des modernes et de nos contemporains.
Présentation longue
Sept points seront le centre de ce séminaire consacré à penser les rapports de la charité avec l'amitié, la volonté, l'amour de soi, le corps, l'ennemi, la joie interne (ou la haine, l'acédie et l'envie) ou la joie extime (la miséricorde hospitalière), et le pur amour. Ce qui suit le schéma médiéval, mais à dessein d'en mesurer aujourd'hui le degré de pertinence, surtout aux époques où l'on use et abuse de la référence à la charité pour se faire entendre des modernes et de nos contemporains.
L'ordre des questions reprend celui qui interroge successivement l'essence de la charité, son sujet, ses objets, ses actes ou ses effets (internes et externes), pour finir par penser le rapport entre charité et espérance. Le schéma traditionnel est débordé car la théologie médiévale ignore le débat moderne sur la charité, lequel introduit une tension inouïe entre l'espérance de salut et la pratique de la charité (non seulement dans la Réforme, mais dans le quiétisme et le puissant courant mystique de la Contre-réforme).
Débat crucial renouvelé aujourd'hui par des herméneutiques historiques et des déchiffrements analytiques, et peut-être aussi, par l'interrogation sur sa place inflatoire dans la théologie, la spiritualité, comme dans la catéchèse.
Saison 2004-2005
Séminaire des Facultés Jésuites de Paris
Volonté et modernité ou la volonté perverse
Présentation courte :
Une théologie de la volonté comme agent d'une raison radicalement différente de tout ce qui existe dans l'univers, et comme puissance active qui s'étend indifféremment à deux opposés, a-t-elle opéré la plus grande perturbation perpétrée dans l'histoire de la pensée européenne où va s'enraciner la modernité mais encore sa suite nuisible, l'individualisme ou la liberté arrogante qui, en réalité, n'est perçue que sous la forme d'un consentement aux nécessités ?
Présentation longue :
Il ne s'agit pas de s'interroger sur un concept parmi d'autres. Le concept de volonté apparaît central dans la modernité et ses suites, mais cette importance - y compris dans le domaine biologique, des échanges, du droit, du pouvoir et de l'expérience mystique, et même dans le processus de cure - n'apparaît que dans une généalogie discontinue : la centralité théologique du concept médiéval ne se répercute pas sans ruptures décisives dans l'esprit et la pratique de la modernité. Notamment par une conception de la volonté comme effort ou se désirant elle-même (jusqu'au darwinisme), comme connaissance indéfinie - jusqu'à l'acédie, la mélancolie ou l'ennui de la réapparition incessante de la limite - comme calcul d'emprise, et volonté perverse (où le mal est négation désirée du bien et non sa privation), alors que la volonté par excellence (infinie) pour la théologie la plus novatrice, se pense comme la volonté effective, sans devoir en appeler au remède du laisser-être.
Néanmoins il demeure essentiel d'interroger l'implication de la théologie - et non premièrement l'impact d'une philosophie rationaliste, athée ou indifférentiste - dans le développement d'une pensée qui en diminue l'amplitude et la portée, la réduit à une ontologie régionale et positive impliquant certains évènements bibliques ou ecclésiaux (devenus révélation face à la raison), des expériences intérieures (même si elles ne sont pas seulement psychologiques) ou des instances institutionnelles (déplaçant l'importance de la parole sur le qui parle, qui prend la parole et est habilité à le faire). Pensée qui se serait donc limitée elle-même pour laisser le champ ontologique et noétique à la philosophique et aux sciences physiques et humaines. Pensée qui aurait ainsi favorisé elle-même la ruine d'une approche analogique et participative du fini et de l'infini, entraînant par là une défaillance radicale de la portée ontologique du langage (au profit de l'intuition et du concept), sapant ainsi la portée du langage liturgique - réduite à des dévotions privées -, privatisant les échanges, isolant l'individu ou l'exposant à un effort incessant pour consentir à toutes les nécessités naturelles ou les despotismes politiques. On aura reconnu là certaines thèses centrales du mouvement "radical orthodoxe" qui renouvelle le conflit, moderne précisément, entre scotisme et thomisme.
Mais cette approche suppose une lecture très pessimiste de la pensée néo-platonicienne (le primat du Bien au-delà de l'ousia et de l'esprit), de la voluntas romaine, de la réforme grégorienne (espace circonscrit par les clercs sécrétant un champ sécularisé), de l'univocité de l'être, de l'importance des possibles simultanés, de la liberté anarchique, de la contingence, de la vitesse, de l'expérience. Or il y a quelque chose à dire en faveur de ce qui semble ainsi destitué au nom d'une théologie qui se veut à nouveau normative de tous les discours, serait-ce comme logos de non-domination.
Penser la guérison
Présentation courte :
Penser la guérison conduit à interroger l'écart angoissant entre une expérience de la santé et/ou de la guérison - l'homme naissant malade ne peut espérer qu'une santé toujours sous forme de guérison, elle-même sans cesse à guérir -, expérience irréductible à toutes les étiologies ou finalités, et une transcendance technique ou politique, un savoir-faire médical et institutionnel, censé seul capable de discerner les signes de la maladie du corps social et les remèdes.
Présentation longue :
Désormais nous sommes conviés à penser la guérison comme devoir de santé, effort permanent et inquiet vers la santé ordinaire ou supérieure. Ce devoir exprime en réalité une double épreuve : d'un côté nous n'avons plus le droit d'être malade car tout nous enjoint à désirer la santé comme un souverain bien, mais de l'autre nous ne pouvons pas échapper au devoir d'être malade, du moins virtuellement. Mieux : l'opération de cure est susceptible d'engendrer à son tour de nouvelles affections, qu'elles soient nosocomiales ou liées à l'analyse des troubles anciens et aux risques de leur réveil.
Toujours est-il que nous ne pouvons esquiver le devoir d'auscultation de nos maladies potentielles ou actuelles (y compris les affections cachées ou seulement soupçonnées), qu'elles soient individuelles ou sociales. Nous ne sommes pourtant pas simplement dans un corps social hypocondriaque, car nous misons sur le fond de santé rémanent pour nous reconstituer, et nous croyons la guérison possible si nous faisons un effort et si les pouvoirs publics soutiennent une pareille volonté de santé. Nous sommes en réalité sous le règne de l'obligation de santé et de l'autopsie, car nous sommes tenus à nous reconnaître d'ores et déjà mortels et fragiles, sujets virtuels d'une infinité de pathologies. Le remords de ne pas procéder à tous les examens nécessaires - finalité asymptotale - ronge l'individu contemporain, angoissé de se retrouver isolé s'il ne s'éprouve pas comme assez soucieux de soi et de sa santé, et s'il ne se perçoit comme cette liberté tenue à n'être liberté que dans le consentement même à la volonté technique comme à celle des pouvoirs publics (y compris judiciaires, notamment dans la défense des usagers de la médecine et des institutions hospitalières).
Penser la guérison conduit ainsi à interroger l'écart angoissant entre une expérience de la santé ou de la guérison - l'homme naissant immature ne peut espérer qu'une santé toujours sous forme de guérison, elle-même sans cesse à guérir -, expérience irréductible à toutes les étiologies ou finalités, et une transcendance technique ou politique, un savoir-faire médical et institutionnel, censé seul capable de discerner les signes de la maladie du corps social et les remèdes.
Partant de ce diagnostic assez communément affirmé, le cours cherchera à dégager le degré de pertinence d'une généalogie théologique ou christologique de l'écart ainsi considéré, en commençant par s'interroger sur la conséquence du primat théologique de la vérité sur les signes (de maladie, de santé, de guérison et/ou de salut), ouvrant ainsi la porte à un déchiffrement non plus théologal mais technique, juridique et politique.
Bibliographie : "L'expérience de la guérison", par Bernard Forthomme - Paris, Le Seuil, 2002 - (Les Empêcheurs de penser en rond)
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