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Spiritualité

Irruption destraditions et figures de Saint François d'Assise ; Les spécificités des ordres mendiants; Saint François d'assise selon Raoul Manselli ; La première femme du monde arabe à avoir dit et écrit : « moi, je … » ; Brève Méthode d'Oraison ; La souffrance est une critique ; L'épreuve de la banalité dans la vie spirituelle ;
English : The Stigmata of Francis of Assisi;
Portuguese : Os estigmas como sinal de preferência e suas contestações;

 

     

Conférence enregistrée : les stimgates de Saint François

Irruption des traditions et figures de Saint François d'Assise

Qu'est-ce qu'une tradition?
La transmission franciscaine qui constitue aujourd’hui notre préoccupation majeure, pose aussi la question de la tradition. Terme qui vient finalement de tradere ou de trans-dare, autrement dit : transmettre, remettre. On a l'impression que tout le monde comprend ce qu'est la tradition. On a tous une perception plus ou moins commune de ce que c'est qu’une transmission : faire passer quelque chose à un autre ! (...) lire la suite (109ko)

Les spécificités de ordres mendiants

La bévue majeure est d'identifier les Ordres Mendiants à un idéal de pauvreté, et plus encore à la mendicité. Les franciscains se nomment frères mineurs et les dominicains frères prêcheurs. Il s'agit d'abord de renverser la tendance politique et celle des nations par la logique évangélique, invitant à prendre non pas la place du majeur mais du plus petit (minor ; vlg. Luc 22, 26), non de celui qui domine mais de celui qui sert (François d'Assise, Admonitions 5,12). Plus je suis mineur, plus je suis frère ! (...) Télécharger le texte (pdf, 84ko)

Saint François d'Assise selon Raoul Manselli

Voici une nouvelle édition du grand livre du médiéviste italien Manselli, mais pourvu cette fois d’une longue introduction méthodologique ainsi que de notes précieuses et d’une bibliographie essentielle. Après l’élan donné par l’histoire romantique et un long siècle d’érudition de qualité exceptionnelle, voici un ouvrage qui ne se contente point d’une synthèse équilibrée, mais offre une approche dont le fil conducteur tenace parfois secret, est constitué par le « souvenir » de François tel que lui-même le présente dans ce qu’on nomme son Testament (à entendre d’abord au sens d’Alliance entre Dieu et François, entre lui-même et les frères de son mouvement, passé, présent et à venir). Mais l’Auteur n’enferme jamais François dans ses écrits ni en ses images successives contrairement à toute une école « fondamentaliste ». (...) Télécharger le texte (pdf, 46ko)

La Première femme du monde arabe à avoir dit et écrit : « moi, je … »
Hindiya d'Alep

Voici enfin deux études qui renouvellent de fond en comble l’approche de la première grande mystique strictement dite du monde arabe.
L’ouvrage de B. Heyberger fera date en la matière, tant il connaît les sources les plus variées avec une précision remarquable. Une telle connaissance du dossier n’aurait sans doute pas été possible sans cet ouvrage de près de sept cents pages consacré à la chrétienté proche-orientale moderne, ...
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Brève Méthode d'Oraison

Cherche en toi un feu qui te prévienne, oui, cherche un point fascinant de lumière dans la noirceur, car nous partons tous du grand nocturne et de ce qui le déchire, de l'émergence du monde, d'un rayonnement cosmique prévenant la luminosité des astres, ou d’un malaise initial, des élancements de notre mal de tête, de notre viscéral écœurement, voire déjà de la nuit pascale — saut orgiaque de la servitude à l’élargissement.

Au commencement de l'oraison, ce quelque chose de lumineux perdu dans la nuit, je ne puis encore dire ce qu'il en est, si c'est au juste de l'énergie neutre, l'être créé ou la vie divine, bien que cette nuée ne m'induise pas intimement en inquiétude. Au contraire, je cherche ce signe lumineux, comme un foyer, un lieu fervent où je puisse me repérer et venir m'éclairer, m'attiser.

lL m'apparaît de loin comme un buisson ardent : je sais que cela illumine et que cela élance, flammèche en moi, mais je ne sais pas la nature exacte de cette lumière qui flamboie d'une étrange façon, attire mon attention par sa manière singulière de s'enflammer essentiellement (...)

 

La souffrance est une critique

L’énigme de la souffrance nous confronte très vite à des positions extrêmes. C’est l’essence de la souffrance qui pousse à cet extrémisme. C’est un sujet qui fâche nécessairement, qui enflamme, rend mal à l’aise… fait littéralement souffrir ceux qui s’en inquiètent. Coupant au plus court, les attitudes de facilité se présentent à l’homme. Soit nous exaltons la souffrance comme lieu de conquête de la subjectivité ou d’une délivrance existentielle face aux forces chosifiantes, soit nous la récusons comme instance d’avilissement de l’homme et de tout vivant susceptible de l’éprouver à sa manière. À moins de n’y voir qu’un avatar très ordinaire de la nature et de l’existence corporelle ou psychique avec lequel il faudrait négocier au mieux.
(...)
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L'épreuve de la banalité dans la vie spirituelle

Est-il possible d’éviter la banalité ?
La banalité nous décentre de l’exaltation lyrique de notre vie. Elle conteste l’indépendance naïve de notre expérience spirituelle, son exception revendiquée, pour la reconduire à l’usage commun, semblable à celui d’un four banal. Elle met en cause notre prétention arrogante à nous poser comme foyer original ou à vouloir nous en tenir à l’exercice personnel de notre vie profonde. Sans doute, elle risque ainsi de nous assujettir à une forme d’usage impersonnel de la flamme ou du souffle animateur de l’existence. (...)
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La violence évangélique

N’allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je suis venu non pas apporter la paix, mais le glaive (Mt 10, 34)

Extraits :

"...la violence divine, y compris des guerres de YHWH, paraît comme une manière de maintenir l’ordre du monde et des rapports sociaux, une fois celui-ci menacé. Sous un angle laïcisé, cette compréhension rejoint la justification de la violence dans la mesure où elle est structurante aussi bien au niveau des tensions commerciales, sociales ou institutionnelles, que des conflits psychiques."

"La colère de Jésus s’en prend d’abord aux plus proches, aux élus, à leurs dirigeants, à ses disciples et au premier d’entre eux, à Pierre, lorsqu’il refuse de voir la mort en face, et joue le rôle de l’esprit séducteur insufflant l’illusion de l’invulnérabilité (Mt 16,23 ; 4, 6). Colère qui s’affronte à l’aveuglement des plus proches « sans intelligence » (Mc 7,18) et à « la dureté de leur cœur » lorsque la vraie vie est à son tour manifestée (Mc 16, 14 ; Lc 14, 21). La colère déchire ainsi comme un éclair la nuit trop dure dès lors qu’elle recouvre l’événement de la mort comme celui de la vraie vie. Une telle colère éclaire les enjeux de la maladie et de la guérison, le sérieux infini de l’asservissement et de la délivrance irrévocable. Sa violence est l’énergie même de la sainteté divine et participe intimement à la force de sa miséricorde ou à celle de sa douceur. Il s’agit ici d’une miséricorde inouïe, violence de la douceur — la colère de l’Agneau (Ap. 6,16) — qui accroît d’autant la nécessité de l’intelligence de la vie à laquelle on est invité et de ce à quoi elle expose dès maintenant."
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The Stigmata of Francis of Assisi

"The old worl was growing filthy with a mange of vices... Suddenly, there lept upon the earth a new man... The new man, Francis, became famous for a new and stupendous miracle. By a singular privilege, not granted in previous ages, he appeared marked, adorned with the sacred stigmata... (Celano, De miraculis, 1-2).

Instead of wishing to seduce or to take control, the desire which takes shape in the stigmata resolutely distances itself from a possessive mode of behavior. The one whose hands are stigmatized can no longer take hold of the world as previously. The one whose feet are stigmatized can no longer walk on earth as a conqueror or a dominator. The one whose side is wounded can no longer enclose his gifts, nor his resentments or bitter regrets, in the walls of his chest. The bird of freedom finds a way to soar freely over hill and dale. Through the man who becomes aware of himself in this way, even in his flesh, and distinct from any form of ownership, goods are redistributed, and nature itself rediscovers its fraternal origins and, in unheard of splendor, the holy ardor which deep down provoked it.

The stigmata are, nonetheless, a form of Expression. They constitute a form of preaching when the lips are muted. The stigmata serve as a hearth for the word which comes from silence, the one which is subject to and submissive to all creatures in order to be better heard. The stigmata are the lips and eyelids of the flesh which reveal and contemplate the depths at the very moment where everything is silent, when the surrounding populace commands silence and the closing of one's eyes, where blindness reigns and not only that of sightlessness. When contentiousness among the brothers becomes very strong, when the destiny of the Franciscan fraternity becomes especially uncertain, when the Gospel runs the risk of utopia or a pious day dream, it is then that the new man decides to ascend Mount Alverna in a reinforced solitude. It is then, in the silence of a mysterious exchange, that the alone with the Alone, the sharing of the sufferings of the beloved with the Beloved takes place. That of which we can no longer say anything, but which impels us to meditate in our hearts. A secret which will manifest itself only if we distance ourselves from the jealousy of suspicion, the a-priori refusal of preference and radical singularity - for the benefit of the greater number.

Bernard Forthomme, o.f.m. (translated by Paul Lachance, o.f.m)

Os estigmas como sinal de preferência e suas contestações

Homo novus

O uso do termo “estigmas” para designar as chagas nas mãos e nos pés de Francisco de Assis (segundo frei Elias) ou verugas carnosas (seguindo a Vida Primeira) – neste sentido menos cristomórficas em Elias, mas também no Tratado dos Milagres ou Vida Segunda – uso parecido sugere que os sinais criminosos se inscrevam no campo de uma poderosa significação espiritual de um processo polêmico. Se o uso de um tal vocábulo não se impõe numa pesquisa crítica destinada somente a verificar a veracidade e o contexto do fato, sua credibilidade e sua força justificam-se e se impõem a partir de uma abordagem do singular irredutível, do sinal de preferência e de eleição exclusiva, motivos que sucitarão rivalidades pela percepção do excepcional ou da glória creditada à comunidade que a reinvindica. (...)
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